Publié dans le fanzine Tours Rock
“A chacun ses héros, nous avons Alan Jack!
L’histoire commence bêtement par un message d’un homme qui connaît Alan Jack et qui me le fait savoir. Alan qui ? Le ton monte. Alan Jack, le père de la musique électrique tourangelle. Encore un adepte du c’était mieux avant et des mythes anciens, me dis je. C’est que quand on est jeune musicien à Tours, et en France en général, il n’est pas facile de se lancer sans se faire sans arrêt rabattre les oreilles par des gens qui parait il savent mieux. Seulement voilà, il y a cette irrépressible curiosité qui me pousse toujours à découvrir de nouvelles contrées. Et c’est ainsi que résonnent ces deux mots, Alan… Jack… Qui peut bien se cacher derrière un tel patronyme ? Je googueulise, je découvre, je m’émerveille.
Alan Jack serait né à Tours le 3 août 1944, quelques jours avant le Paris Libéré. C’est donc bien un fils de l’Histoire de notre pays. Et pourtant… La page wikipédia, quelque peu laconique nous indique tout de même qu’il est l’un des grands représentants du blues en France. Sa carrière l’aurait ainsi mené à côtoyer des pointures telles que Bill Halley ou les très bons Pretty Things sur des scènes comme l’Olympia, l’Alhambra ou feu la Locomotive. Waw… Certains, au rang desquels Alain Gaschet, lui prêtent même quelque jam session avec le divin Jimi Hendrix. Déjà, sans même l’écouter, il en impose. Mais je décide de me débarrasser de cette habitude bien gauloise de juger une personne à son curriculum vitae plus qu’à son talent. Casque sur les oreilles, je fais ce que le jeune d’aujourd’hui fait quand il cherche à écouter un artiste. Youtube. Et là ! Surprise ! Alan Jack m’attend. Un titre attire mon attention, Bluesy Mind. Je clique. Holly crap ! Il est deux heures du matin, mais pas grave, je réveille ma copine qui dort à côté de moi. Ecoute ça, ça vient de Tours, ça date de 1969 et c’est de la pure bombe - Vas y tu fais chier il est quelle heure ? - Ecoute je te dis ! Comprenant que plus vite elle acceptera plus vite elle se rendormira elle s’exécute. Sa surprise égale la mienne. Je la laisse rejoindre Morphée et repars dans mon exploration. J’écoute le deuxième titre, encore meilleur. Et comme ça tout s’enchaine, du blues pur aux sonorités psychédéliques. Il y a un esprit très Gong là dedans. Ca correspond. Ce qui m’étonne, c’est l’année, 1969, il n’y a pas vraiment de retard dans l’esprit de la prod’ par rapport à l’Angleterre ou aux US. C’est pas de la copie, c’est du vécu. Tout est de bon ton, même le langage, qui est celui du blues, l’anglais. On dira ce qu’on voudra mais chaque musique a son langage, et celui des musiques rock est bien le vocable Shakespearien. Ce Bluesy Mind sorti sur BYG Records est une vraie tuerie, tout y est bon, groovy, de bon goût, simple, véritable et sincère, il possède toutes les qualités que l’on peut espérer d’un bon album de blues rock en provenance d’Albion période Flower Power. Il me tarde de découvrir la suite. Les Rolling Stones admiraient Muddy Waters, nous avons Alan Jack.
Romain R. Chanteur du groupe The Paper Plane”